L'OTAN

Publié le 23/03/2009

Il faut rappeler que la France n’a jamais quitté l’Alliance atlantique ! L’OTAN comporte 40 différents comités, la France est présente dans tous ces comités sauf deux :

 

Le comité des plans de défense (CDP) qui constitue « la plus haute instance décisionnelle de l’Alliance sur les questions relatives à la structure militaire intégrée ». Comme tous les autres comités de l’OTAN il fonctionne par consensus, il donne « des orientations aux autorités militaires de l’OTAN et supervise le processus d’établissement des plans de forces, au cours duquel sont définis les besoins militaires de l’OTAN ». Alors que nos soldats risquent leur vie sur le théâtre des opérations nous ne participons pas à la structure décisionnelle qui élabore les missions dans lesquelles nous nous engageons!

 Le groupe des plans nucléaires (NPG).

 

Or, nous sommes le 5ème contributeur financier à l’OTAN, le 4ème contributeur en hommes engagés (nous avons notamment 3400 soldats en Afghanistan) et pourtant, jusqu’à présent, nous ne participions pas au comité des plans de défense et donc nous n’étions pas associés aux des décisions stratégiques essentielles pour le succès des opérations.

 

En réintégrant le comité des plans de défense, nous mettons fin à cette anomalie qui faisait que la France avait tous les inconvénients de sa participation à l’OTAN sans en avoir un seul avantage.

 

â–ºQu’a à gagné la France en réintégrant le Comité des plans de défense ?

 

C’est un retour pour construire et pour peser :

1) Un retour pour construire :

§ Il s’agit de développer la défense européenne dans la continuité du travail déjà accompli (développement de structures, de capacités opérationnelles, mise en place d’opérations extérieures, développement d’une doctrine).

§ Il s’agit aussi de participer à la nécessaire rénovation de l’Alliance dans le cadre d’un monde multipolaire.

 

2) Un retour pour peser et influer :

§ Ce retour va nous permettre d’être présent là où les décisions qui engagent potentiellement la vie de nos soldats sont prises.

§ L’Alliance atlantique est notre Alliance, elle est historiquement, politiquement, diplomatiquement et militairement un des aspects centraux de notre politique de défense : notre intérêt est donc de participer aux mécanismes de décisions en considérant que l’on pèsera plus à l’intérieur qu’en dehors.

§ Pour obtenir un nouveau partage des postes à responsabilité au sein du commandement intégré à la hauteur de notre engagement. Il est actuellement en cours de négociation : nos partenaires sont consultés, en vertu du consensus l’un d’eux peut y opposer des réserves.

 

â–º La réintégration de l’OTAN ne présente-t-elle pas un risque que la France perde son indépendance ?

 

Cela n’enlève rien à notre indépendance, à notre autonomie et à la force de la voix de la France dans le monde :

§ Les décisions au sein de l’Alliance se prennent par consensus. C’est le meilleur argument contre ceux qui prédisent une perte d’indépendance de la France : les Allemands ne sont pas intervenus en Irak, la Turquie a refusé le survol de son territoire lors de ce même conflit.

§ Même lorsque les pays décident d’intervenir ils sont libres de leur engagement et des conditions de celui-ci : en Afghanistan les soldats italiens cessent de se battre à 18h ! Les Allemands ne quittent pas le nord du pays où il n’y a pas de combats…..

 

Les conditions de notre retour sont claires :

§ Nous conservons une liberté d’appréciation totale sur l’envoi de troupes en opérations : ce principe est appliqué par l’OTAN en toutes circonstances, il va même plus loin puisque chaque Etat est libre de décider du rôle de ses forces armées sur le terrain.

§ Aucun contingent militaire de manière permanente sous commandement de l’OTAN en temps de paix ne pourra être déployé.

§ Nous gardons le caractère strictement national de la dissuasion nucléaire. Comme l’a rappelé le Président de la République le 11 mars, « la décision nucléaire ne se partage pas ».

 

Enfin, pour terminer, en 1996, Jacques Chirac avait déja tenté de réintegrer l'Alliance, mais n'avait pas pu obtenir le Commandement sud de Naples. Nicolas Sarkozy, lui a obtenu le commandement suprème de Norfolk, et celui régional de Lisbonne.

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